Fires of Faith
Magie du libéralisme ou magie du cinéma, j'en sais rien, mais quand Pete débarque dans le living-room samedi matin pour me demander si je veux être figurant dans un film documentaire deux jours plus tard, je suis loin de m'imaginer que ce sera effectivement le cas...
Ca ce passe comme ça ici, une petite annonce sur le net, une photo renvoyée par mail et puis basta, rendez-vous pris lundi matin à 8h (ouch !) au château de Berkeley pour apparaître dans Fires of Faith, un film sur King James.
Le temps de récupérer nos costumes à la sortie d'un camion en arrivant sur le parking et nous voilà sur le plateau.
Un plateau de ciné, c'est un sacré bordel. L'équipe est tellement tributaire des éléments extérieurs, surtout en Angleterre où le temps est extrêmement changeant, que personne ne semble vraiment savoir ce qui va se passer dans les 10 minutes qui suivent. Du coup la journée se découpe entre longues périodes d'attente et coups de speed.
La première scène est assez facile, en théorie. Une quinzaine de figurants doivent converger vers un carrosse et saluer l'arrivée de King James. Mais Pete manque de se faire écraser par les chevaux, la scène est à refaire. La pression monte d'un cran et je commence sérieusement à me peler les miches avec mes collants et ma caisse de poulets sous le bras.
Une des habilleuses vient me passer une cape de gueux sur les épaules vu que j'ai la méga tramblotte. C'est gentil. Ses copines se marrent, je passe encore pour le français de service j'ai l'impression, mais c'est pas grave. L'équipe est vraiment cool de toute façon.
On finit par boucler le truc après plusieurs prises avant d'enchaîner illico sur la séquence suivante.
La deuxième scène est nettement plus stressante. On doit incarner six prêtres autour d'une table qui bossent sur une traduction de la Bible. C'est pas rien, un sacré rôle de composition. Le son n'est pas repris mais on est censés discuter avec ferveur de cette putain de traduction tout en déroulant des parchemins pour étayer nos propos.
"Nervous" et "breakdown" sont les deux seuls mots qui me viennent en tête sur le moment, alors je baratine à moitié en français, à moitié en anglais en essayant de ne pas mater la caméra. Heureusement, personne n'écoute vraiment, et de loin ça à l'air convainquant.
L'affaire est dans le sac même si je me dis qu'on s'éloigne un peu de la simple figuration, là.
Ma dernière scène a lieu à la tombée de la nuit (vers 16h30, argh), assis sur un tabouret à lever la main droite avec les collègues pour approuver la fameuse traduction et applaudir dans la foulée King James pour le travail accompli...
C'est sûrement la fatigue, mais à ce moment précis, je me crois vraiment au 17ème siècle, question d'environnement. Faut vite que j'aille enfiler mon jean...
Mon pote Pete et quelques autres natifs ont droit à un petit bonus, une scène ultime avec prise de parole. Je suis écarté d'office de la scène puisque tout le monde sur le plateau a bien compris, et ce dès le matin, que j'étais une grosse brêle en anglais...
La Bible du Roi Jacques est visible là.








waow, la classe. j'attends impatiemment la diffusion du téléfilm sur France 3...
RépondreSupprimerDiffusé après Plus belle la vie et juste avant Thalassa, ce serait parfait...
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